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Lorsque les gens parlaient entre eux dans des bus pas encore équipés d’écrans affichant des citations sans sources, il n’était pas rare d’ouïr cette expression, lancée à la cantonade «  sois pas cafignon, passe à la maison t’en jeter une après l’turbin ! ». L’individu s’adressant ainsi à son interlocuteur, l’invitait joyeusement à combattre sa nature pantouflarde et à venir passer une folle soirée bien arrosée avec une belle équipe de joyeux drilles. Aujourd’hui, on crée un événement livre de face(s)1 pour ça…
Source : le vieux Marcel, 93 ans, pilier plus solide qu’un roc dans le tea-room du coin de la rue de la Dîme à Neuchâtel. A l’évocation de ces souvenirs, j’ai bien senti une pointe de nostalgie dans le ton du vioque et sa vue s’est, pour un instant, brouillée avec une activité lacrymale accrue.


Le terme cafignon (parfois écrit avec deux zeffe) a souffert d’amputation, comme bon nombre des mots de la langue française d’ailleurs2. A dire vrai, avant l’ablation, on parlait d’escafignon. Racine grecque ou latine – skaphos ou scapha – au choix, signifiant barque, on imagine aisément le rapport avec la pantoufle en feutre baptisée ainsi. Quel paysan n’a jamais remercié le ciel3 pour cette fabuleuse invention ?! Grâce à elle, les croquants ont depuis des générations gagné des minutes précieuses en évitant d’ôter leurs bottes crottées et en se contentant d’enfiler les savates par-dessus leurs godasses.
Par extension, et sans besoin de fournir un dessin, l’expression « ça sent l’escafignon » pour dire que l’odeur des pieds d’une personne n’est pas de la première fraicheur se comprend aisément dans le contexte agraire évoqué ci-dessus.
Source : dictionnaire Littré 1877, et l’adresse internet suivante.


Le cafignon enfin, c’est le nom donné au journal estudiantin basé à Neuchâtel. Longtemps publié sous forme papier, le voilà passé à une version 2.0, exclusivement en ligne, à l’adresse que tu connais déjà puisque tu lis ces lignes (banane). Conscience écologique ? Forte empathie pour les arbres et leur conservation ? Epuisement des stocks d’encre à papier4 ? Incompatibilité d’humour avec l’imprimeur ? Grèves accrues et récurrentes dans la distribution des numéros dans les caissettes5 ? Fonte des glaciers ? Réchauffement climatique ? Le printemps succède à l’hiver et précède l’été ? Les dahus sont en voie d’extinction ? Verre plein je te vide, verre vide je te plains ? Si à la Saint-Valentin elle te tient la main, vivement la Sainte-Margueritte ? … tant d’hypothèses toutes plus plausibles les unes que les autres, mais ce n’est pas le propos.
Retiens simplement que sur ce site tu pourras lire des articles publiés à une fréquence tout à fait respectable. Les sujets traités seront aussi variés (actualité politique, culturelle, locale, nationale, internationale, musicale, etc.) que sérieux, quand bien même l’humour devrait y trouver – aussi – sa place (faut pas déconner hein !).
Source : d’eau claire et limpide.


Claude Marbre



1 Traduction libérée et totalement assumée de moi
2 Si la cause des mots mutilés vous touche, vous pouvez envoyer vos dons à [adresse bancaire du compte du Cafignon]. On vous remercie chaudement.
3 Même si, nous sommes d’accord, il s’agit là d’une façon de parler. Si le ciel était impliqué dans quelque invention que ce fût, ça se saurait !
4 Pas à bateau me direz-vous, et bien je vous répondrais que forcément, à plus forte raison que ça ne s’écrit pas pareil, bande d’ignares !
5 A ce propos, toute idée lumineuse de reconversion pour ces caissettes désormais vouées à un chômage technique est la bienvenue. Fais-là nous parvenir sans délai mec !