Vous reprendrez un petit caoua ?

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En apparence, rien n’a changé à la cafétéria de la faculté de droit depuis la rentrée de février. Les fruits et légumes consacrent toujours leur temps à faire semblant d’étudier en attendant leur cueillette par Jeannot le croquant débonnaire. Et pourtant, les apparences sont trompeuses, comme le sait Watson (parmi d’autres, évidemment), n’est-il pas ? Il paraitrait qu’une malicieuse hausse des coûts des produits consommables s’est infiltrée dans les cafet’s universitaires…

 

Des voix s’élèvent des tréfonds de la bibliothèque jusqu’au dernier étage du bâtiment principal de la faculté de droit (et des autres fac’s aussi, sans doute). De tous les côtés des multiples entrées aux fabuleuses portes automatiques nids-à-courants-d’air, des murmures susurrent que les prix de la cafétéria – ou plus correctement les prix des produits vendus à la cafétéria (à chaque fois que la retranscription des faits correcte pèche sur la joliesse de la phrase, une fissure se crée dans mon petit cœur de littéraphile, je n’y peux rien, c’est ainsi…) – auraient pris, à l’instar des récoltes flemmardes de Jeannot, l’ascenseur ! Imaginez la stupeur des malheureux fruits et légumes face à une telle nouvelle : c’est de notoriété publique que ces derniers n’ont pas un radis (un comble, peut-être). Alors, forcément, chaque inflation les fait trembler !

Les vases communicants

Voilà, le pavé est lancé dans le lac, de Neuchâtel aufcourse.

Mais trêve de faux-semblants ! En proie à de tels soupçons de magouilles, voire, n’ayons pas peur des mots, de filouteries présumées, il ne me restait qu’une seule chose à faire : mener l’enquête. En d’autres termes, ouvrir l’œil - et le bon - et revêtir pour un temps le rôle de limier afin de délier le vrai du faux et faire ressortir la vérité  au grand jour. La méthode in vino veritas a tout d’abord été employée. Malheureusement, les souvenirs de l’enquêteur quant à ses découvertes restent extrêmement flous. Dans un second temps, il s’est donc agi d’aller rencontrer Rosemonde Vuille, l’une des très avenantes dames de la cafet’ de la fac’ de droit (et sciences économiques ouiiii..) afin de lui poser, sans détour (si ce n’est pour éviter de se prendre un mur, bien sûr) et avec aplomb, des questions sur les griefs évoqués plus haut.

Quel ne fut pas mon abasourdissement à l’écoute de ses réponses. Rosemonde m’apprit en effet que, si certains produits avaient certes souffert une petite hausse (de quelques centimes seulement), d’autres en revanche avaient vu leur tribut chuter. Tandis que les tarifs des articles de boulangerie et les boissons chaudes ont bien augmenté, les prix des boissons en bouteille ont quant à eux diminué. En ce qui concerne les aliments  (sandwichs et menus notamment), c’est le statu quo.

Là où ça monte

Pour parfaire l’investigation, je me suis adressée à M. Benoit Martin, Responsable régional Scolarest (Scolarest comme un maladroit assemblage de scola, école voire université si on veut jouer sur les mots et rest pour restaurant, je suppute)  de sorte à obtenir quelques précisions supplémentaires. Ce Monsieur est le responsable du Compass Group Suisse SA, lequel groupe se charge de l’offre alimentaire au sein de l’Université de Neuchâtel.  Voici ce qu’il m’a cordialement répondu : « Les raisons qui nous ont amenés à augmenter les prix ont été, tout d'abord, une volonté d’harmonisation sur l'ensemble des cafétérias de l'Université de Neuchâtel. Nous avons aussi fait une analyse des coûts de nos achats et nous sommes rendus compte que sur bien des articles nous n'avions pas ou peu de bénéfice. Nous vendions même certains articles à perte. Car les prix pour la plupart n'avaient pas été modifiés depuis 5 ans au moins. »

Fort bien, jusque là, tout semble admissible, quoiqu’un poil discutable sur l’aspect du bénéfice. On peut se demander légitimement s’il faut réellement viser un bénéfice au sein d’une cafétéria fréquentée par des étudiants. Cela étant, chacun doit bien pouvoir tirer son épingle du jeu, admettons-le.

Chute des cafés

M. Martin continue ensuite sur les cafés en annonçant ce qui devrait en réjouir plus d’un : « Quant au prix des cafés, dans un esprit de compréhension et de soutien, nous avons annoncé que nous fixerons le café au prix de CHF 2.20 pour la prochaine période d'examen de fin mai - début juin 2015 ». Une baisse de 30 centimes (au bas mot), voilà qui est toujours le bienvenu. Pour enfin conclure : « Nous essayons toujours d'établir le meilleur rapport qualité-prix pour satisfaire les étudiants, et ce n'est pas chose facile tant nous sommes dans un marché très concurrentiel. » Aucune mention dans ces lignes d’une quelconque baisse, j’ai pourtant réitéré la requête, mais rien n’y a fait. Pour le reste, une normale explication de l’augmentation du coût de la vie (ou des denrées) en somme, du jonglage entre la satisfaction de la clientèle et la nécessité de faire tourner un commerce.

Au final, si on peut se révolter pour une malheureuse augmentation de quelques centimes, c’est sûrement qu’au fond, on n’a pas d’autres soucis plus graves que cela. Et si vraiment on ne peut souffrir une telle révolution, on peut toujours emporter son café de la maison, ou cesser d’en boire, paraitrait que ça énerve, le café… et passer aux jus de fruits. 

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À propos de Claire Desponds

Etudiante quelconque en droit

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