Les nouvelles péripéties d'Astérix et Obélix

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N’en déplaise à certains puristes, Astérix n’a pas tiré sa révérence à la disparition de René Goscinny, pas plus qu’à la retraite méritée d’Albert Uderzo. Il revient dans une nouvelle BD, et le moins que l’on puisse dire c’est que ses parents adoptifs ont trouvé leurs marques!

En ce mois de décembre où les soirées au coin du feu, un thé brûlant dans une main et un bon roman dans l’autre font figure d’incontournables, parlons littérature (si si !). Vous hésitez à vous précipiter la bouche en coeur et les étoiles dans les yeux sur cette nouvelle aventure du petit Gaulois, de peur d’être mal perçu par des gens se considérant autrement plus sérieux et cultivés que vous? Ceux pour lesquels seuls méritent d’être lus les ouvrages dont la compréhension échappe au plus grand nombre, et pour qui Joël Dicker n’est rien d’autre qu’un auteur par trop commercial pour être apprécié. Hé bien consolez-vous, je l’ai fait pour vous, et le neuvième art peut être très fier de l’un de ses plus illustres représentants francophones !

Deux nouveaux papas adoptifs

Après avoir déjà commis un album (Astérix chez les Pictes) divertissant et appliqué tant au niveau du trait que de la trame, mais dans lequel on sentait une certaine retenue, le duo Ferri (texte) – Conrad (dessin) persiste et signe. L’on pouvait aisément comprendre la déférence des débuts, tant reprendre ainsi un mythe sans le bouleverser peut s’avérer délicat, et il s’agissait sans doute pour eux de vérifier que la sauce prenne avant de se lancer vraiment. C’est sous la bénédiction du patriarche (Albert Uderzo) qu’est né ce second opus, et l’on se croirait de retour au temps du « Domaine des Dieux », puisque l’actualité et les thèmes de société reviennent en force, caricaturés à la sauce gauloise évidemment. Si dans l’opus précité l’aménagement du territoire était parodié, c’est à présent l’information et sa diffusion qui sont au coeur de l’intrigue.

Un renouveau sans cassure

La trame de l’album intitulé « Le Papyrus de César » peut se résumer comme suit : J.-C. (Jules César) décide de publier son « Commentaire sur la guerre des Gaules », mais un chapitre ne convainc pas son conseiller. Ce passage revient en effet sur les nombreuses défaites subies par l’empereur face aux irréductibles que vous connaissez bien. Le conseiller lui propose alors de le supprimer, et de faire en sorte que personne à Rome ne soupçonne cette part de l’histoire. Mais le village gaulois a vent de cette affaire et Astérix, Obélix ainsi que Panoramix le druide sont chargés de faire inscrire ce chapitre dans la mémoire du monde.

Tout ce qui fait le sel de l’univers d’Astérix est présent dans cette BD : des bons mots qui s’y trouvent à foison, des intrigues mineures en toile de fond (l’horoscope d’Obélix qui le poursuit tout au long de son périple), des pirates, des soldats romains déguisés en arbustes, et un César certes caricatural, mais toujours digne. Pour le détail, l’information comme moyen de pression (type Wikileaks) y est représentée par un dissident gaulois en quête de scoop, Obélix doit éviter les conflits et nous apprenons l’existence des deux procédures d’urgence du village. On notera également en fin d’aventure un bel hommage rendu aux papas originels de nos Gaulois.
Pour faire saliver les amoureux des jeux de mots auxquels ils sont habitués, on notera la reprise par Astérix et Obélix de « Colchique dans les braies » (les braies sont les pantalons portés par les Gaulois) ainsi que les deux gardes romains qui remarquent « un Numide qui fuit ». Même les plus inconditionnels de l’esprit Goscinny trouveront sans peine leur bonheur.

La redécouverte d’une saga légendaire

Cette aventure s’inscrit d’autant plus dans l’actualité par le fait que le conseiller de César épouse les traits de Jacques Séguéla. Mais si, vous le connaissez au moins de réputation, c’est à lui qu’on doit le fameux « si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ». Inutile de trop en dévoiler, il me suffira de vous assurer en conclusion que cette histoire profite de sa remarquable densité pour ne jamais être ennuyante. Les auteurs ont en effet su conserver tout ce qui faisait son identité, en y ajoutant leur touche personnelle et en confrontant Astérix, déjà en 50 av. J.-C. (Jésus Christ cette fois) aux problématiques du XXIème siècle.
Je ne peux qu’engager les amateurs à se replonger dans leurs classiques aventures gauloises et à découvrir la nouvelle, tant il est à mon sens rare de pouvoir profiter d’une transition aussi réussie. Vous avez dit Dytirambix ? Je vous engage à vous faire votre propre opinion, cela en vaut la peine, c’est un puriste repenti qui vous le dit.

 

                                                           

 

 

 

 

 

 

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À propos de Julien Léchot

Néo-rédacteur

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