Les fleurs du Mail - le calendrier de l'Avant... 2 décembre

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En cette fin d'année, l'équipe du Cafignon a décidé de jouer le jeu du calendrier de l'Avant en s'offrant une petite virée quotidienne dans le passé. C'est avec un plaisir non dissimulé que nous partageons avec vous, chaque jour de décembre, un pan de l'aventure Cafignon, qui dure depuis... 35 ans!

Aujourd'hui, retour sur les débuts du projet des nouveaux bâtiments du Mail, qui accueillent aujourd'hui les studieux étudiants en sciences. Avec une question: et si Francis Persoz, recteur de l'Unine (1995-1999), n'avait pas réussi à défendre le projet? L'article fait la une du Cafignon n°48 de janvier 1990. Il est rédigé par Pascal Duport, rédacteur en chef du Cafignon de l'époque. 

Les Fleurs du Mail: Un bâtiment classique pour les scientifiques

C’est sous le règne de Guinand 1er que démarre le projet de restructuration des bâtiments du Mail, conduit par Francis Persoz, ancien doyen de la faculté des sciences.

Au mois de juin, la commission d’étude pour la construction d’un nouveau bâtiment des sciences au Mail présentera son projet, budgété à 100 millions, au Grand Conseil.

Voilà quinze ans que s’est construite la dernière contribution à l’extension de la surface réservée à la faculté des sciences. Il s’agissait de l’implantation de l’institut de Mathématiques et du Département de Calcul, ainsi que des instituts de Zoologie et de Botanique. Depuis, à part quelques solutions temporaires comme des pavillons annexes ou quelques locaux mis à disposition, aucune construction n’a été effectuée. Il était urgent donc, compte tenu de l’ampleur d’un tel projet et du développement des sciences, de procéder à une étude de grande envergure.

Une du Cafignon de janvier 1990

12m2 par étudiant

A vrai dire, chacun se l’accorde, la situation actuelle n’est plus supportable : vétusté et étroitesse des locaux, infrastructure d’enseignement insuffisante… la Confédération estime que 30 m2 par étudiant en sciences sont nécessaires pour assurer conjointement un enseignement et une recherche de qualité satisfaisante : actuellement, les deux tiers (430) des étudiants de la faculté fréquentent principalement ou exclusivement les bâtiments du Mail qui disposent d’un surface d’environ 5000 m: soit 12 m2 par étudiant. Pour s’en convaincre, il suffit de circuler (d’essayer de circuler) dans les couloirs où jonchent, pêle-mêle, échantillons méticuleusement catalogués et frigos en fonctionnement, armoires pleines et appareils en tous genres… Les étudiants peuvent, peut-être, s’en accommoder mais les collaborateurs plus difficilement.

La commission, chargée d’évaluer les besoins réels des instituts pour un proche avenir, a aussi tenu compte des infrastructures annexes nécessaires, voire indispensables : parking, animalerie en annexe pour des raisons d’hygiène… Finalement, il ressort que les utilisateurs souhaitent disposer de 10'500 m2 en locaux utiles à l’enseignement et à la recherche. Il faut donc oublier la surface actuelle.

Pas de décentralisation

On peut s’étonner que la commission ne se soit pas davantage penchée sur les possibilités de décentralisation : une étude à ce propos, même sans débouchés, aurait été en mesure de justifier la centralisation de la faculté en Ville de Neuchâtel…. Aspect non négligeable, compte tenu des velléités légitimes du haut du canton, lorsque le crédit sera soumis à votation en septembre de cette année, déjà. Toujours est-il que dans le projet mis au concours en avril 85, il n’est que précisé l’obligation d’exploiter de manière optimale les terrains disponibles au Mail.

Le cahier des charges prévoyait, en outre, la conservation de la façade sud, aujourd’hui classé monument historique, du bâtiment de géologie, autrefois pénitencier de son état : il fallait aussi que chaque groupe ne doive déménager qu’une seule fois et que les locaux autorisent une grande liberté organisationnelle des laboratoires. Et, finalement, c’est 12'000 m2 qui devraient trouver place sur cette esplanade du Mail. Deux projet se sont vus récompensés par le jury : l’un préconisait de restaurer tandis que le gagnant optait pour la démolition complète des bâtiments du Mail (hormis celui de chimie qui n’est pas compris dans ce projet de restructuration) ; le coût total étant comparable, on a attribué le prix à la proposition qui reconstruisait à neuf.

Un projet à 2 millions

Le Conseil d’Etat procède, en automne 86, à une évaluation qui s’accompagne de l’octroi d’un crédit de 2'300'000 francs par le Grand Conseil à l’étude et l’élaboration du projet couronné, soit Les Fleurs du Mal, dénommé par la suite UNIMAIL (M.Persoz a regretté le manque d’audace des promoteurs du projet puisqu’ils n’ont pas franchi le pas que le Cafignon, lui, a osé en choisissant pour titre Les Fleurs du Mail). Une commission de douze personnes, présidée par M. Barraud, secrétaire général de l’Université (comprenant M.Perret, chef du service de  l’enseignement univiesitaire, ainsi que les architectes concernés) est chargée, par la Conseil d’Etat de suivre l’avancement de l’étude.

L’évaluation d’un bureau zurichois d’expertise financière s’élève à un montant de 93'400'000 (avril 89), chiffre qui sera fixé sous peu pour permettre l’octroi d’un crédit de construction (qui devra être ratifié par le peuple lors de la votation) par le Grand Conseil lors de la session de juin. Il devrait se monter à quelques 40 millions de francs, étant donné que la commission fédérale des bâtiments universitaires a accepté le projet, assurant ainsi une contribution fédérale, indispensable, de 60%.

10 ans pour les travaux

La commission se consacre donc, maintenant, à la tactique publicitaire que le rectorat devra adopter les mois prochains : un tel projet ne souffre aucun compromis ; le peuple l’accepte ou le refuse globalement et ce, suivant l’impression donnée lors de la présentation du projet au public. Si les électeurs estiment qu’on néglige le haut du Canton, que l’université coûte trop cher, que … alors dix années de travail seront réduites à l’oubli pour au moins une décennie. On comprend mieux la discrétion dont la commission fait preuve, et M.Barraud d’admettre qu’elle laisse la paternité du projet au Conseil d’Etat ainsi que le loisir de le présenter, ce d’autant plus que Jean Cavaldini y paraît très attaché. Nous lui souhaitons d’ores et déjà bonne chance pour soutenir que ces travaux nécessitent dix années de chantier. P.D.

NB : La maquette du projet est visible à l’entrée principale du bâtiment de biologie ; pour toutes remarques ou questions, s’adresser à M.Persoz (ancien doyen de la faculté des sciences)

 

NDLR : Monsieur Francis Persoz a été doctorant en géologie à l’Université de Neuchâtel en 1966. Il sera professeur ordinaire des sciences de la terre et de l’environnement de 1976 à 2000 et recteur de l’Université de 1995 à 1999. Jean Cavaldini a été conseiller communal de la ville de Neuchâtel de 1976 à 1981, puis Conseiller d’Etat de 1981 à 1993. C’est durant cette période que le projet est voté. Parallèlement à son mandat cantonal, Jean Cavaldini siègera au Conseil national de 1979 à 1987 puis au Conseil des Etats de 1987 à 1999. Il restera également célèbre pour  son rôle de président à la fois de la Convention patronale de l’industrie horlogère et du Conseil d’Administration de la Radio Télévision Suisse Romande (RTSR), entre 1987 et 2007.

 

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À propos de Lena Würgler

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