Le Shutdown

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Du 1er au 16 octobre 2013, les Etats-Unis d’Amérique ont connu le 18ème « shutdown » de leur histoire. Seize jours durant lesquels le gouvernement fédéral américain a tourné au ralenti. 

Chaque année, le Congrès américain vote le budget du gouvernement fédéral. L’année budgétaire commençant le 1er octobre aux Etats-Unis, un accord doit être trouvé avant cette date. Cependant, comme le relate Le Figaro.fr dans son édition du 1er octobre, la chambre des représentants et le Sénat n’ont pas réussi à trouver un compromis sur la question du budget, entraînant le pays dans le 18e « shutdown » de son histoire depuis 1976. Pouvant être traduit par « fermeture » ou « arrêt », le « shutdown » a provoqué une paralysie des activités reliées aux agences et services fédéraux. Inscrite dans une loi, cette mesure a engendré le chômage forcé d’une partie des fonctionnaires américains. 

Le 30 septembre, le journal du Washington Post dressait la liste des conséquences possible du « shutdown » et rappelait que la mesure s’appliquerait uniquement aux employés jugés « non essentiels ». En effet, chaque service et agence dépendant de l’Etat fédéral avait reçu pour consigne de classer ses employés dans les catégories « essentiels » ou « non-essentiels », en préparation d’un éventuel « shutdown » du gouvernement fédéral. Dès le 2 octobre, les fonctionnaires « essentiels » ont donc pu continuer à travailler sans toutefois être rémunérés, alors que le reste des employés s’est retrouvé en congé forcé. 

Comme l’avais annoncé le Washington Post, le « shutdown » a lourdement affecté le secteur du tourisme avec la fermeture de plus de 400 parcs et musées nationaux, ainsi que le secteur des affaires (entrepreneuriat). Tous les départements rattachés au cabinet du président Obama ont plus ou moins été contraints de réduire leurs activités. Dans l’ensemble du pays, plus de 800'000 fonctionnaires se sont retrouvés au chômage technique. A contrario, 1.3 million d’employés de l’Etat fédéral ont été épargnés par le « shutdown », principalement dans les domaines de la sécurité nationale, de la sécurité intérieure et de la sécurité sociale. Ainsi, le personnel de l’armée américaine, fort de près de 1.4 million de personnes, a continué à travailler normalement. Quant au service postal national et à la banque centrale du pays (la Fed), leurs sources de financement indépendantes leur ont permis d’échapper au « shutdown ». 

Le lancement de l’Obamacare, la réforme du système de santé voulue par le président américain, prévu pour le 1er octobre a suscité de vifs débats au Congrès. Les républicains, majoritaires à la chambre des représentants, y étaient opposés, tandis que la majorité des membres du Sénat composée de démocrates y était favorable. Ne voulant pas inclure la réforme du système de santé dans le budget fédéral, la chambre des représentants a refusé de trouver un compromis avec le Sénat. De plus, le président Obama n’a pas fait de concessions concernant sa réforme du système de santé. En date du 1er octobre, le « shutdown » du gouvernement fédéral a donc été déclaré, simultanément au lancement de l’Obamacare. 

Le 16 octobre, le Congrès a finalement voté un budget fédéral et a accepté un relèvement du plafond de la dette américaine. Le spectre du « shutdown » s’est éloigné, du moins jusqu’à la mi-janvier 2014. En attendant, sa mise en œuvre laisse une note salée de 24 milliards de dollars.

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À propos de Muriel Chiffelle

Vétérane du Cafignon

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