L’effondrement d’un hôpital

image-L’effondrement d’un hôpital

L’image montre une ruine antique à l’arrière-plan, un touriste en short au premier. En haut, le titre est sans équivoque : « Vestiges des hôpitaux de La Chaux-de-Fonds, site classé du début du 21ème siècle ». L’œuvre de Plonk et Replonk souligne l’absurde destin de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds. Commentaire.

Dernier épisode en date, les autorités cantonales ont annoncé que les blocs opératoires de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds seront fermés les week-ends et les jours fériés à partir du 1er avril.

Les habitants des Montagnes auraient pu croire à un mauvais gag si la nouvelle était tombée seule. Mais le conseil d’Etat neuchâtelois a d’ors et déjà ajouté que tous les soins intensifs du canton seront centralisés à Neuchâtel dès l’automne. Pas de poisson d’avril donc.

Ces décisions provoquent la frustration des habitants des Montagnes. Après l’école d’ingénieur, la maternité et les classes professionnelles du conservatoire de musique, la population du haut a l’impression de perdre une institution de plus au profit du littoral. Et a le sentiment de voir son hôpital mourir à petit feu.

Un brillant passé

Car dans son passé, l’hôpital de La Chaux-de-Fonds rayonnait dans toute la Suisse. Les professionnels appréciaient son ambiance et la qualité de sa formation. Les jeunes internes se bousculaient au portillon pour y faire leur stage de fin d’étude.

De plus, en novembre 2013, la population du canton confirmait son utilité par les urnes. 63% des votants acceptaient de transférer la chirurgie stationnaire dans les Montagnes. Seulement ce service n’est possible qu’en présence de soins intensifs qui, pourtant, seront centralisés à Neuchâtel. La votation populaire serait donc bafouée.

Présent et futur sombres

De l’autre côté, l’Hôpital Pourtalès. Construit en 2005 l’hôpital de la ville de Neuchâtel sature. Il doit utiliser des containers pour accueillir les surplus de patients. Alors que des chambres de La Chaux-de-Fonds restent vides

Aujourd’hui, l’hôpital des Montagnes n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses salles sont vétustes. Sa rénovation prévue depuis 20 ans a été suspendue en janvier au grand conseil. Depuis 2013, les départs de médecins s’enchaînent. Le manque de personnel se fait cruellement sentir. Et les nouvelles recrues sont de plus en plus difficiles à trouver.  

La poule et l’oeuf

D’un côté, on justifie le déplacement des soins aigus à Neuchâtel par le manque de médecins motivés à travailler à La Chaux-de-Fonds.

De l’autre côté, on inverse la cause et l’effet. C’est parce que la situation de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds est déplorable que les médecins rechignent à y venir.

Démêler le problème de l’hôpital neuchâtelois revient, en quelque sorte, à résoudre l’énigme de la poule et de l’œuf. Reste que les craintes des 60'000 habitants du haut sont vives. Les ignorer ne pourra que jeter de l’huile sur le feu.

author

À propos de Lena Würgler

La seule autre vraie journaliste.

0 commentaire

Laisser un commentaire
Back to Top