L’Uni skie dans le brouillard

image-L’Uni skie dans le brouillard

Le dernier week-end de ski organisé à Zinal par l’Université de Neuchâtel les 21 et 22 mars s’annonçait mal. Pluie et brouillard ont retenu certains participants chez eux. Pourtant, le jeu en valait la chandelle. Reportage.

Le brouillard est si épais qu’on ne voit pas à dix mètres. Les points de repère se font rares. Nos regards sont rivés au sol pour observer les traces afin de savoir si nous suivons bien la piste. « Je ne me sens pas bien. J’ai envie de vomir » gémit Sarah, une participante belge en Erasmus à Neuchâtel. Le weekend de ski organisé par l’Université le 21 mars commence mal. Jour blanc, brouillard et pluie fine sur le bas des pistes n’ont plus rien à voir avec le paysage idyllique dans lequel baignait le même endroit quinze jours plus tôt. « Je suis déçue, se lamente Nathalie, originaire de Belgique elle aussi. J’aurais voulu voir le paysage ». A cet instant pourtant, peu importe de voir les montagnes. Nous nous satisfaisons déjà de distinguer les poteaux sur le bord des pistes, quand cela est possible. Je leur explique que les piquets qui finissent avec un court morceau de couleur indiquent la gauche de la piste, ceux formés d’une longue partie colorée longent la droite.

Boussole au bol

Nous sommes à la recherche du petit téléski, tout à droite du domaine. Nous savons qu’il monte assez haut pour peut-être nous faire sortir des nuages. Seulement nous n’avons aucune idée du lieu où nous nous trouvons. Nous restons simplement le plus à droite possible. Tout à coup, nous nous retrouvons confrontés à une petite montée. Là, planté dans la neige à deux mètres à peine, un poteau rouge ressort sur le fond gris. «Je crois que le téléski est là haut » leur dis-je. Nous remontons la petite pente avec les skis aux pieds. Les assiettes devraient être à quelques vingt mètres de là, mais nous ne voyons toujours que la brume. Une petite cabane se dessine à mesure que nous avançons. Elle devient de plus en plus nette. Nous sommes au bon endroit.

Un paysage fantomatique

Le téléski nous entraîne vers les hauteurs. Nous sommes entièrement seuls. Le silence est complet. Devant nous, les assiettes suspendues au câble plongent dans brouillard et disparaissent. Une véritable ambiance à la Stephen King. A quelques mètres du lâcher d’archet, le téléski émerge enfin de la brume. Nous surplombons alors la mare de brouillard. Mais nous savons que cela ne durera pas et après quelques contours, nous sommes de nouveau plongés dans la même masse grise et épaisse. Nous décidons de descendre sur Grimentz. Même topo de ce côté. Sauf au bas de la montagne, en dessous des nuages. Là, nous sommes accueillis par la pluie. Nos skis collent alors sur la neige mouillée et lourde. La journée entière se déroulera dans la même ambiance. Si la météo aura eu raison du contest de freeride prévu à Zinal samedi, elle n’entachera pas le moins du monde la soirée organisée par Red Bull pour l’événement. Bien au contraire.

Un duo de folie

Après les bières d’après-ski, le souper au chalet des Liddes, où sont logés les participants au camp, et une douche tiède, nous sommes une dizaine d’étudiants à nous rendre sous le chapiteau monté dans le village. Un duo surprenantmet le feu à la scène avec ses rythmes endiablés de rock, folk et blues. Cat Fish, c’est une femme, une furie plutôt. Crâne rasé sur le côté, robe noire moulante et une voix grave et profonde. Elle ne se contente de loin pas de chanter : debout, elle frappe sur des caisses claires ou s’empare d’une basse quand la musique le demande. Assis de l’autre côté de la scène, son complice au look old style avec ses épais favoris change d’instruments d’une chanson à l’autre, de la guitare électrique au banjo en passant par l’harmonica. Deux personnes seulement, mais l’impression d’un orchestre. Devant eux, jeunes et moins jeunes se laissent entraîner par la musique, dansent, sautent même parfois. Cat Fish a littéralement mis le feu à la tente. Il ne s’éteindra plus avant la fin de la soirée, au milieu de la nuit.

De la poudre plein les yeux

Le lendemain matin à 8h, au petit déjeuner, les fêtards s’observent. « Ca va ? » demande l’un. « Bof bof » répond l’autre. Une scène qui se répète au fur et à mesure que les danseurs de la veille entrent dans le réfectoire. Dehors, le brouillard ne s’est pas dissipé mais la dizaine de centimètres de neige tombée au sol laisse présager des conditions de rêve. Et nous ne serons pas déçus. Au dessus des nuages règne un ciel bleu uni. Le soleil fait scintiller la neige fraîche. Les conditions sont cette fois idylliques et les étudiants étrangers peuvent enfin admirer le paysage de montagnes qui s’étend devant eux. Une partie des skieurs s’écarte des pistes pour savourer la poudreuse qui s’offre à eux. Tous profiteront jusqu’à la dernière minute. Et tous s’endormiront d’une seule masse dans le petit bus de l’université sur le trajet du retour, avec la satisfaction d’avoir pu finalement bien profiter de ce weekend qui, pour beaucoup, clôturait la saison d’hiver.

 

 

 

author

À propos de Lena Würgler

La seule autre vraie journaliste.

0 commentaire

Laisser un commentaire
Back to Top