L'Uni 2015 vue par les étudiants de 2005 - le calendrier de l'Avent... 25 décembre

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En 2005, le Cafignon scrute l'horizon universitaire neuchâtelois pour tenter d'apercevoir quelques bribes de l'avenir qui attendra les étudiants 10 ans plus tard... Et pourquoi ne pas s'enquérir de l'état de santé de l'Université 2015 auprès de ceux qui y sont déjà inscrits? Cette archive du 25 décembre vous présente donc 19 réponses d'étudiants de 2005 auxquels le Cafignon avait posé cette simple question: "A quoi ressemblera l'Université de Neuchâtel en 2015?" Des réponses qui méritaient que l'on s'y attarde en tentant de jouer à "vrai ou faux"...

Toujours plus chère pour toujours moins de chaires… (étudiante en français, 2ème année).

VRAI. Les émoluments sont plus élevés. Mais parce qu’à notre ère on s’envoie en l’air pour plus cher que notre chère inscription, pour le coup on ne s’est pas tordu le cou à savoir si le coût de la vie compensait. Toujours est-il qu’il y a toujours moins de verres en verre et plus de verres verts en plastique. Mais, ça, c’est une autre histoire, à l’envers.

Je ne la vois plus… (étudiante en Lettres).

FAUX ! Il faudrait alors penser à s’acheter des lunettes, parce que l’Université est toujours là. On a pu par contre observer une recrudescence des opticiens en ville de Neuchâtel. Il vaudrait peut-être la peine de leur rendre visite.

Une mitochondrie au milieu d’une cellule de savoir (Etudiant en biologie, 1ère année).

PARTIELLEMENT VRAI. Aujourd’hui, l’Université est en tout cas devenue championne de la « mitose », soit de la reproduction à l’identique du travail de cellules mères étrangères...

Une station balnéaire où on pourra gagner des crédits en faisant des concours de rots ! (étudiant en Lettres, 4ème année).

FAUX ! On aurait bien voulu, mais pour l’instant il est seulement possible de gagner des lunch box de l’uni en participant aux dictées du Cafignon. Mais on y travaille, et le réchauffement climatique aussi pour le côté balnéaire. Et là, au vu des étudiants de plus en plus nombreux qui se prélassent au bord de l’eau en été, les prédictions de cet étudiant sont presque réalisées.

Une seule faculté, celle d’ethno et peu d’élèves, parce qu’ils ne vont pas se déplacer de Lausanne ou de Genève pour une branche… (étudiante en Lettres).

HORS SUJET ! Pour une étudiante en Lettres, parler d’une faculté d’ethnologie est déjà une grave erreur. L’ethnologie ne représente qu’un institut de la faculté des Lettres et Sciences humaines qui, elle, constitue l’une des quatre facultés restantes de l’Université de Neuchâtel. Et les étudiants se déplacent volontiers à Neuchâtel pour le tout récent bachelor en ethnobiologie, unique en Suisse. D’ailleurs, en 2014, seuls 29% des étudiants de l’Université étaient Neuchâtelois, 22% étrangers et les 49 autres pourcents venaient d’autres cantons. Là où l’on peut lire une once de vérité dans les prédictions de l’étudiante, c’est que l’Université a bien perdu une faculté, celle de théologie. Et ce en 2015. Sa boule de cristal devait simplement trop embuée pour qu’elle réussisse à y lire correctement les indications révélées.

Soit elle n’existera plus, soit elle sera pointue dans un seul domaine, uniformisée (étudiante en Lettres).

MOITIÉ FAUX ! L’Université compte toujours plusieurs facultés, en Lettres, Droit, Science et économie, et ne s’est spécialisée dans aucune d’entre elle. Elle s’est par contre en effet spécialisée dans certains domaines particuliers, surtout pour les Master, mais tout en gardant les branches générales. On peut notamment penser au master en journalisme, mais aussi au Forum suisse des migrations, au laboratoire d’études transnationales, à l’ethnobiologie précitée, au pôle de la propriété intellectuelle et de l’innovation, etc. Entre temps, l’Université s’est bien uniformisée puisque toutes les hautes écoles, instituts, universités, etc. sont entrés dans le système de Bologne, qui se concrétisait justement en 2005.

L’Université sera davantage rentabilisée. (étudiant de 3ème)

HUM, HUM. Il semble que la « rentabilité » de l’Université soit assez identique à 10 ans auparavant, selon les rapports de gestion des deux années. Ce qui est sûr, c’est que l’Université n’est en tout cas pas devenue privée et ne cherche pas un taux de croissance à plus de 20%. On espère que cela restera ainsi.

La formation suivra-t-elle la privatisation tant plébiscitée par le néo-libéralisme et ne devenir accessible qu’à une élite ? Sera-t-elle submergée par une dévalorisation de l’apprentissage ? (étudiant en sociologie, 2ème année).

Ni l’un, ni l’autre. Ou plutôt FAUX aux deux. L’Université reste accessible à tous ceux qui ont obtenu une maturité auparavant, indépendamment de la fortune. Les tarifs restent les mêmes pour tous. Là où le débat fait rage, c’est concernant les bourses d’études, dont l’Uniformisation entre les cantons réclamée par la Fédération des Etudiants Neuchâtelois (FEN), a été largement refusée en juin 2015. Concernant la dévalorisation de l’apprentissage, il semble que, particulièrement ces temps, la Suisse soit fière et s’investisse pour valoriser sa désormais reconnue formation duale.

A une étable dans laquelle les jeunes intellectuels se nourriront de paille. (2ème année)

Partiellement VRAI. Pour ce qui est de l’étable, c’est plutôt faux, bien que les odeurs dans le bâtiment des sciences ne soient souvent pas très éloignées de celles du crottin de cheval. Et que l’isolation en Lettres laisserait penser à un aveugle qu’il se trouve dans un bâtiment en bois aux multiples interstices. Ajoutez-y les oiseaux qui se baladent dans les lieux et vous pourrez le convaincre qu’il est bien dans une étable. Pour ce qui est de la paille, là, l’étudiant s’approche grandement de la réalité, en tout cas au sens figuré. Hormis peut-être en Sciences, les repas servis dans les cafétérias des facultés ressemblent à s’y méprendre à du fourrage pour équidés. Avec pour seul avantage d’être servis par de gentilles dames et non par la fourche du paysan. Mais sans caresse sur la croupe, et ça, c’est bien dommage !

En 2015, l’Université de Neuchâtel aura fermé sa faculté de lettres, après avoir décidé que, finalement, après l’italien et le grec, l’allemand, le français, l’anglais, le latin, l’histoire et tout le reste, peuvent être étudiés dans des facultés outre-Sarine. (Etudiante ès italien, 2ème année).

FAUX. Il n’y a pas de doute à avoir, la faculté des Lettres n'est pas la priorité de l’Université. Pour s'en rendre compte, Il suffit de comparer les apéros post-remise de diplômes alimentés en cacahouètes et jus d’orange des Lettres avec les petits-fours et autres migniardises accompagnées de bon vin servis aux diplômés des Sciences économiques. Par contre, elle se verrait bien embêtée de fermer la faculté. D’abord parce que les Lettres comptent le plus d’étudiants. Mais ensuite, aussi parce que ces derniers temps nous avons pu voir l’amour que portait la Suisse alémanique aux langues romanes. On se retrouverait alors avec des étudiants avides de connaissances en français qui devraient se rendre en France pour l’étudier. Et ça, sûre qu’elle n’en veut pas.

Elle ressemblera à Gorgone qui perd son latin. (Etudiante en Lettres).

PLUTÔT VRAI. La faculté n’a en tout cas plus d’institut de latin. Quelques cours, obligatoires pour beaucoup en première année, mais pas d’institut. Quant à Gorgone, je ne vois pas de ressemblance. Sauf peut-être les yeux…

Je pense que dans 15 ans nos amis stylos et papier auront perdu la bataille face aux ordinateurs, Internet et cyber-plateforme virtuelles contenant les supports de cours… Une pensée émue pour eux. (Etudiante en lettre, 2ème année)

VRAI. Les armées de Mac sur les tables universitaires semblent bien avoir vaincu les légions de stylos billes qui disparaissaient étrangement lorsqu’on les laissait trop longtemps sans surveillance… Quant aux supports de cours, ils ont effectivement conquis la plateforme virtuelle Claroline, rabaissant le pauvre papier au niveau de pauvres feuilles volantes (entendre par là qu’à présent, elles servent plus souvent à faire des avions en papier qu’à prendre des notes…).

Soit le système Uni = U Si ou les Si sont des savoirs. Soit U la matrice associée au système Uni, alors U n’est pas nilpotente.(Etudiant en mathématiques, 1ère année)

HEUUU. Revenez dans quelques années, peut-être qu’on aura compris quelque chose…

Elle sera plus petite et plus grande : plus grande en sciences humaines et plus petite en Lettres, plus grande en microtechnique et plus petite en mathématique ; elle sera toute disproportionnée, mais fière de ses bosses qui lui dessineront une place concurrentielle de choix sur le plan national et sur le plan international. (Etudiant en histoire, 2ème année)

MITIGE. Vous reprendrez bien un peu de statistique ? A la rentrée estudiantine suivant le commentaire de cet étudiant en histoire, celle de 2006-2007, l’Université de Neuchâtel fait face à une augmentation d’inscriptions assez conséquente : +12% d’étudiants ! Entre 2007 et 2012, près de 650 nouveaux inscrits ont foulé le sol de ses facultés. Puis par la suite, la tendance était plutôt à la baisse… Jusqu’à la rentrée 2014-2015, qui totalisait 68 étudiants en plus que l’année précédente. Sinon, statistiquement parlant, vu qu’une personne sur deux s’est déjà endormie à la première question, nous allons abréger un tantinet. Notons juste que la faculté des sciences se fait globalement toujours humilier par celle des lettres et sciences humaines en termes d’effectifs : à la rentrée 2014-2015, l’Université de Neuchâtel comptait 4376 inscriptions, dont 2111 rien qu’en Lettre ET sciences humaines (impossible de distinguer les deux, puisqu’il s’agit du nom d’une faculté…) pour seulement 752 en Sciences. Quant à l’institut de microtechnique, personne ne sait vraiment ce qu’il se passe à l’intérieur, mais son prestige n’est effectivement plus à prouver, ayant intégré depuis 2009 le réseau de l’EPFL.
P.S : bon, si vous aimez vraiment les statistiques, c’est par là : https://www2.unine.ch/unine/page-2070.html

Elle ressemblera à la fin de Scarface. (Etudiante en Lettres, 6ème année)

FAUX… Enfin, espérons que ce n’était pas une promesse, parce que 2015 ne finit que dans 6 jours finalement…

Un gros tas de Cafignons déposé dans le cratère de la faculté des Lettres. (Etudiant en Lettres, 2ème année)

FAUX. Malheureusement pour cet étudiant en Lettres, qui devait ressortir frustré d’un examen tout pourri ou qui fréquentait l’étudiant un poil inquiétant ci-dessus, ni cratère, ni tas de Cafignons. Notez que pour le tas, ça pourrait toujours s’arranger.

Je m’inquiète que ça devienne une Uni par correspondance pour les étudiants et un EMS pour quelques vieux profs seuls. (5ème année)

Partiellement VRAI ? Si avec son « Uni par correspondance », il voulait dire « Uni qui n’est fréquentée plus que par ceux qui ne savent pas que les supports de cours se trouvent sur Claroline et donc qu’il est tout à fait possible de bosser depuis la terrasse d’un café ou allongé dans son lit », alors cet étudiant est visionnaire. Et si certains vieux profs, seuls ou non, ont fini par faire partie des meubles à force d’être aussi expressifs que des buffets à vaisselles, gageons que certains ne rêvent que de mettre les voiles, découragés par l’attitude de ces étudiants peu engageants et engagés qui suivent le schéma entre guillemets ci-dessus. Et on connaît bien leur credo : « Ah, c’était mieux avant ! »

Elle ressemblera à un gros sandwich à l’égout et chacun de nos enfants devra s’en taper une bouchée (bien fait pour eux, ils ne méritent que ça, bande de surpeupleurs !). (Etudiant en Lettres)

NI L’UN NI L’AUTRE, BIEN AU CONTRAIRE. Un sandwich à l’égout, ça peut certainement rester digeste si l’on sait le préparer à la perfection… Une bonne tranche de paperasse à potasser, relevée par quelques noisettes de galipettes administratives dont le côté amer doit être contrecarré par une couche généreuse de soirées estudiantines et de rencontres ou d’amitiés imprévues. Saupoudrez le tout par une cuillère de liberté académique, d’une louche de savoir acquis et de réflexion critique mixée à une pointe d’examens perturbateurs, puis tartiner le tout d’un beau diplôme et d’un grand saut dans la vie active (ou dans le chômage, mais certains morceaux risquent de vous rester en travers de la gorge). Et voilà ! Sur place ou à l’emporter ?

Du(ptit)bois chez les sciences sociales. (Etudiant en sciences sociales, 2ème année)

Les quoi ?

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À propos de Anouchka Wittwer

Notre seule vraie journaliste, paraît-il!

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