Henri Matisse, un peintre coloré

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Depuis le mois de juin dernier et jusqu’au 22 novembre prochain, Henri Matisse est à l’honneur à la fondation Pierre Gianadda à Martigny. Cinq mois d’exposition qui retracent la vie du peintre français, né en 1869, et celle de ses compères.

Un parcours original 

Les œuvres se suivent de manière chronologique et se découpent en neuf thématiques. Chaque chapitre met en lien le peintre français et ses amitiés artistiques. Ainsi, l’exposition ne se focalise pas uniquement sur le peintre et sur ses réalisations. Cela permet d’offrir une vision générale de certains mouvements artistiques. De plus, de nombreux tableaux sont mis en parallèle. Cette alternance d’artistes offre une possibilité originale au visiteur, celle de comparer deux tableaux, c’est-à-dire d’observer deux manières de traiter un même sujet. Dans cette optique, Picasso y est omniprésent. En effet, chaque thématique est constituée d’un ou plusieurs des œuvres du peintre espagnol.

Les parallèles

La première thématique s’ouvre sur les débuts de Matisse à l’Ecole parisienne des Beaux-Arts. Le visiteur observe d’entrée de jeu un parallèle entre deux œuvres traitant de sujets similaires. Celui-ci ne tardera pas à comprendre que ces points de vue comparés forment le véritable fil rouge de l’exposition.

Henri Matisse, Pont Saint-Michel, vers 1900, huile sur toile, 58 x 71cm, Paris, Centre Pompidou, Musée National d’art moderne, © Georges Meguerditchian.

Henri Matisse, Pont Saint-Michel, vers 1900, huile
sur toile, 58 x 71cm, Paris, Centre Pompidou,
Musée National d’art moderne
© Georges Meguerditchian

Albert Marquet, Le Pont Saint-Michel et le Quai des Grands Augustins, 1912, huile sur toile, 66 x 82 cm, Paris, Centre Pompidou, Musée National d’art moderne, © Jean-Claude Planchet.

    Albert Marquet, Le Pont Saint-Michel et le Quai des Grands Augustins, 1912, huile sur toile, 66 x 82 cm, Paris, Centre Pompidou, Musée National d’art moderne
© Jean-Claude Planchet.

 

Les odalisques de Matisse

Après être passé par la période cubiste et celle du fauvisme de cet artiste, le spectateur marque une pause devant ses Odalisques. Rapportées des souvenirs de voyages au Maroc, ces femmes orientales rappellent des peintures d’Ingres et de Delacroix.

Très colorées, elles permettent à Matisse, d’exploiter le sujet du Nu et du tissu. Picasso trouve également sa place dans cette thématique puisqu’une de ses odalisques y est exposée. Entre les deux, la différence de traitement saute aux yeux. La femme de Picasso est déconstruite, les formes sont cassées. Alors que celle de Matisse est bien plus réaliste. Les nombreux motifs floraux et colorés présents chez le peintre français et non chez l’espagnol les oppose également.

 

Henri Matisse, Odalisque à la culotte rouge, 1921, huile sur toile, 65 x 90 cm, Paris, Centre Pompidou, Musée National d’art moderne.

Henri Matisse, Odalisque à la culotte rouge,
1921, huile sur toile, 65 x 90 cm, Paris,
Centre Pompidou, Musée National d’art moderne.

 

Pablo Picasso, femme couchée sur un divan bleu, 1960, huile sur toile, 89 x 115.5 cm, Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, © Service de la documentation photographique du MNAM

Pablo Picasso, femme couchée sur un divan bleu, 1960, huile sur toile, 89 x 115.5 cm, Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
© Service de la documentation photographique du MNAM

Les gouaches découpées

La fin de la vie de Matisse est marquée par une modification de son art. De 1940 à 1954, année de sa mort, il découpe des motifs colorés dans de grandes feuilles de papier recouvertes de gouache. Il y peint essentiellement l’univers du cirque et celui de la mer.

Cette ballade dans l’univers coloré du peintre se termine par un film-documentaire focalisé sur la forte amitié entretenue entre Pablo Picasso et Henri Matisse. C’est à ce moment que celui qui n’est pas un spécialiste comprend pourquoi l’exposition affiche un nombre si important d’œuvres de Picasso. Finalement, si le temps le permet, le visiteur peut continuer sa promenade dans les jardins de la fondation Pierre Gianadda.

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À propos de Ellyn Del Perugia

Etudiante de l'Université de Neuchâtel

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