Discussion autour de l'islam, du judaïsme et du christianisme - Le calendrier de l'Avent... 11 décembre

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L'archive de ce vendredi 11 décembre laisse comme un étrange goût amer en bouche... En mai 1991, le Cafignon annonce vouloir organiser un débat, une table ronde où siégeraient ensemble des représentants religieux du christianisme, du judaïsme et de l'islam. Pourquoi? C'est tout bête: "pour partager ensemble quelques question, sur la manière dont nos traditions religieuses respectives conçoivent l'usage de la violence, quelle importance elles attachent aux notions de négociations, et d'enrichissement mutuel dans une perspective de partage." Tout bête, vraiment. 

DIALOGUE DES RELIGIONS

Se comprendre et/ou débattre ?...

Islam et christianisme : deux mondes qui peuvent s'enrichir par le partage ou se combattre. Qu'est-ce qui va en décider ? Dans le dernier numéro, nous vous avions promis de tenter une rencontre entre les trois mondes, de l'islam, du christianisme et de la tradition juive. Nous avons pu réunir autour d'une table des représentants des deux premières perspectives. Notre but était donc de nous interroger ensemble sur ce que nos religions respectives pourraient avoir à dire concernant la violence. Cet objectif là, nous ne l'avons pas atteint; les personnes réunies étaient peut-être même trop conciliantes, intéressées à comprendre l'autre pour que puisse réellement naître un débat !...

Cependant, quelques questions beaucoup plus intéressantes encore sont apparues au cours de la conversation, lesquelles méritent vraiment la suite de cet article.

Se connaître

Nous nous sommes d'abord heurtés à une difficulté inattendue dans nos tentatives de dialogues : le manque de connaissances utilisables dont nous disposions pour comprendre nos traditions respectives; les chrétiens ne connaissent l'islam qu'au travers des civilisations, arabes pour la plupart, qui l'ont véhiculés, de même que les musulmans ne peuvent connaître le message chrétien qu'au travers d'une déconcertante diversité d'églises et de civilisations occidentales.

L’art de comparer

La tentation est grande. Avons-nous remarqué, de faire implicitement des comparaisons asymétriques : par exemple, on comparera, d'une part, l'islam tel que le traduit la culture de tel pays avec, d'autre part, les éléments essentiels et les plus élevés du message chrétien. Mais si la comparaison portait effectivement sur la manière dont le message chrétien est lui-même vécu, on pourrait se rendre compte que et l'islam et le christianisme sont tout à la fois honorés et trahis par les diverses cultures qui les représentent. Ainsi, pour ne citer qu'un double exemple, les Occidentaux sont choqués par la manière dont le monde arabe traite la femme alors qu'eux-mêmes, derrière les notions de recherche scientifique et de progrès technologique, font joujou avec la nature d'une manière qui peut mettre toute notre écologie en péril. Pourtant ce n'est pas le christianisme qui nous a enseigné l'irrespect de la nature...

Enfin, le monde arabe nous est très mal connu. Beaucoup trop mal connu, pour que nous puissions nous en faire une image valable. Très peu de choses sont traduites, et même les traductions posent problème, non seulement parce qu'elles ne peuvent évidemment être exactes, mais encore parce que la nouvelle perspective, dans laquelle un texte bien traduit sera lu, peut tout aussi bien lui donner des sens entièrement nouveaux et inattendus.

Conclusion et ouverture

Que conclure ? Plutôt que de conclure, il serait sans doute plus sage d'ouvrir de nouveaux chemins. Nous en avons tous grandement besoin. Si la planète devient de plus en plus petite et se transforme rapidement en "village" grâce aux moyens modernes de communication, il devient de plus en plus urgent que les habitants des différentes parties de ce village apprennent à mieux se connaître et prennent conscience que compréhension mutuelle et tolérance deviennent des facteurs de survie pour tous. Mais l'on ne pourra se comprendre sans apprendre à se connaître. Ce qu'il nous faut, maintenant, c'est redécouvrir l'art de poser des questions qui ouvrent de nouveaux horizons : ainsi une curiosité ouverte et franche, fondée sur une vraie confiance, pourrait bien constituer une ressource indispensable, mais encore trop souvent oubliée. N.M.

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À propos de Anouchka Wittwer

Notre seule vraie journaliste, paraît-il!

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