Cinéma minimum

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Sortir d’une salle de cinéma au-dessus de la Case à Chocs, et débouler au plein milieu d’un cours de tango, voilà ce qui risque d’arriver si vous vous rendez un mercredi à 20h au Queen Kong Club (QKC).

Depuis quelques temps à Neuchâtel, aller au cinéma n’est plus forcément synonyme de prix exorbitants. Chaque semaine, un film est projeté dans le cadre du Cinéma Minimum, grâce à ses fondateurs Delphine Jeanneret et Laurent Toplitsch. Comme son nom l’indique, le prix de la séance est réduit : 12frs pour le tarif normal, 10frs pour le tarif étudiant. La projection se déroule dans une petite salle à la décoration décalée, à côté d’un bar où se déroulent les soirées tango susmentionnées. Tout au long de la séance, un graffiti de gorille vous observe depuis le mur gauche tout aussi intensément que vous regardez le film.

 

Pas de Avatar ou de Man of Steel à l’affiche. En revanche,avec La Bataille de Solférino de J. Triet ou encore Le Trésor des Îles Chiennes de F.J. Ossang, les titres projetés constituent une offre complémentaire au choix des salles de cinéma de la ville, un moyen de voir autre chose que le panel majoritairement Hollywoodien ou commercial que propose Cinépel. « Le Cinéma Minimum est un projet que nous avions en tête depuis 2010 et qui est la suite logique de ce que nous faisons déjà au Zinéma à Lausanne: proposer des films art et essais qui ne sortiront jamais dans les salles ordinaires. » explique Delphine, 32 ans, qui a travaillé en tant que projectionniste, et qui a touché à plusieurs secteurs du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF). Elle y gère à présent le symposium Imaging The Future, un forum de conférences ayant pour thème les images digitales dans les arts et la communication. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le concept du Cinéma Minimum devrait plaire à ceux qui apprécient le NIFFF ; on y retrouve la même ambiance intimiste, et la même attente déconcertée avant les films que l’on peut, grâce au prix, aller voir sans se renseigner, préservant la surprise.  

 

Delphine et Laurent ont déjà repris une salle de cinéma à Oron-la-Ville et ont des projets de salle à Yverdon-les-Bains. En ce qui concerne Neuchâtel, le QKC ne restera pas indéfiniment la salle de projection. Ils ont contacté la Ville pour trouver une salle permanente, et proposé un projet pour les Caves du Palais. « Nous aimerions programmer un cinéma ouvert tous les jours, doté de 2 petites salles de 30-40 sièges et d'une buvette. Nous pourrions ainsi former une équipe de projectionnistes-caissier-ère-s qui ferait tourner le cinéma à l'année avec Laurent et moi. Le Cinéma Minimum serait un peu ce que l'ABC est à la Chaux-de-Fonds. » 

 

Le 4 décembre, le Cinéma Minimum projettera Akadimia Platonos, une fiction grecque de Filippos Tsitos, et le 11, Just The Wind, de Bence Fliegauf, un film inspiré du massacre de plusieurs familles de Roms en 2008 et 2009. Sans oublier la semaine suivante Les Rencontres d’Après Minuit, une comédie érotique de Yann Gonzalez. Si vous avez du temps libre (ou si vous êtes en Lettres), allez-y.

 

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À propos de Philémon Flückiger

Etudiant quelconque en... quoi déjà?

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